Visite guidée pour les 7 à 12 ans

 

 

A – L’INTRODUCTION À LA VISITE

Bienvenue au parc de la Falaise et de la chute Kabir Kouba ! Mon nom est _____________ et je serai votre guide pour la visite. La visite se déroulera de la façon suivante (décrire le déroulement de la visite, selon les demandes du groupe). Nous vous rappelons que dans l'esprit de conservation du parc, il est interdit de ramasser des fossiles et de cueillir des plantes. Durant notre visite, d’une durée approximative d’une heure quinze minutes, nous parcourrons un sentier de 1,5 km menant à la chute et jusqu’au canyon. N’hésitez surtout pas à me poser des questions. Si je ne possède pas immédiatement la réponse, je ferai des recherches et je vous reviendrai avec la réponse le plus rapidement possible.

Bonjour les amis! Est-ce que vous allez bien? Moi, ça va SUPER bien! Pour une (demi-) journée, on va être ensemble et on va faire beaucoup de jeux. C'est pour ça que je veux vous dire mon nom tout de suite. Je m'appelle (votre nom). Voulez-vous savoir ce qu'on va faire aujourd'hui? (Expliquez tout le déroulement de leurs activités). Mais pour le moment, nous irons voir une GRANDE chute. Et autour de la chute, c'est un grand parc. Et je veux aussi vous montrer notre beau parc. Mais comme notre parc est très beau et qu’on veut qu'il le reste, il va falloir être très gentils avec les arbres, les plantes et les insectes. On regarde bien, on ouvre grand les yeux, mais on ne brise rien. Est-ce que c'est correct? Oui? Avant d'y aller, je voudrais que tout le monde se trouve un ami ou amie pour que l'on puisse se promener deux par deux. Vous êtes prêts? Allons-y et commençons notre grande aventure dans le Parc de la chute Kabir Kouba.

Noter que les légendes au cours de cette visite seront adaptées comme pour la visite des plus jeunes. Beaucoup d’éléments pouvant effrayer les jeunes ont été enlevés, bien qu’avec des jeunes de 10 à 12 ans, il est possible de conter les histoires originales. C’est donc à la discrétion du guide de conter ou non les versions adaptées de ces histoires.

B – PREMIER BELVÉDÈRE SUR LA RUE RACINE

Après l’introduction, dirigez-vous avec le groupe vers le belvédère en suivant la rue Racine. Tournez à gauche sur le belvédère, l’endroit dégagé où nous avons une excellente vue sur les chutes.

Outre le riche patrimoine historique du site, l’intérêt de la chute Kabir Kouba réside dans son importance géologique et géographique. Savez-vous quels types de roches se retrouvent dans la chute et dans le canyon? Il y en a deux. Il s’agit de la roche métamorphique et de la roche sédimentaire. En effet, la chute est supportée par de la roche métamorphique (un gneiss granitique) inusable du Bouclier Canadien. La formation de la roche métamorphique est la base de la roche sédimentaire ou magmatique dont la texture, la structure et la composition minéralogique ont été modifiées sous l'effet de la pression et de la température. Cette roche est très dure et elle est difficilement friable. Alors que la paroi rocheuse, qui lui fait face, est composée de roches sédimentaires (calcaire et de shale) des Basses-terres-du-Saint-Laurent, qui s’effritent. En effet, celle-ci se forme avec l’accumulation de dépôt puis de la consolidation de sédiments d'origines diverses. Ces roches sont souvent le résultat de l'accumulation de sédiments en suspension dans l'eau. Bien souvent, elles sont très fossilifères.

Au cours de la visite, j’aurais plusieurs légendes à vous raconter. Êtes-vous prêts pour ma première ? C’est la légende du Grand Serpent. Ici, vivaient les Amérindiens et de l’autre côté les Français. Malheureusement, les Amérindiens et les colons de la région ne réussirent pas à s'entendre sur la limite de la frontière entre les deux groupes. Ils se chicanaient tellement fort que cela a réveillé le Grand Serpent qui dormait dans les Laurentides depuis des années. Il se fraya un chemin à travers les montagnes, écrasant les arbres sur son passage et il descendit jusqu'au village huron de Wendake. Les Hurons regardèrent le reptile et tremblèrent de frayeur. Ce reptile avait une longue crinière comme un cheval et, à mesure qu'il la secouait, il en sortait des flammèches qui pétillaient comme un sapin embrasé. Ses écailles d'argent, qui lui couvraient la peau, brillaient comme des lames d'or frappées par les vifs rayons d'un beau soleil du midi. D'un puissant coup de queue, le Grand Serpent souleva le sol de plusieurs mètres et gronda de colère contre ceux qui, jusque-là, n'étaient pas arrivés à s'entendre! « Il a fallu que je vienne et que je tranche la question moi-même. Dorénavant, je serai votre frontière et je gronderai sans arrêt afin que jamais plus vous n'oubliez ma présence! » Le Serpent se transforma en rivière houleuse avec de nombreux détours. Entendez-vous? C’est le serpent qui gronde afin que personne ne l’oublie. Maintenant, allons plus près de la chute!

C – LA FRESQUE ET PLACE DE LA NATION

Lorsque vous voyez la fresque, dites aux enfants de faire attention, car le trottoir n’est pas large puis laissez-leur le temps de l’observer puis dirigez-vous vers la place de la Nation pour ensuite donner vos explications.

Admirez la fresque. Qu’avez-vous remarqué sur cette peinture? Celle-ci peut se déchiffrer en deux parties, celle de gauche représente le rôle des hommes et celle de droite représente le rôle des femmes. L’univers des hommes représente la chasse qui amène la nourriture et les matières premières pour l’artisanat, les vêtements, les contacts avec les autres civilisations et le commerce. Pour celui des femmes, la famille, la transmission du savoir-faire, de l’éducation et de la culture sont au cœur de leur quotidien. Vous pouvez également remarquer quatre animaux emblématiques, dont la tortue, le loup, l’ours et le chevreuil. Ils sont la représentation des clans de la Nation huronne-wendate.

La société huronne-wendate est une société matrilinéaire qui signifie la lignée de la femme, l’enfant fait partie du clan de sa mère et non de son père. Dans cette société, ce sont les mères de famille qui élisent les chefs. De plus, lorsqu’une femme se marie c’est à l’homme de s’installer chez la femme.

Savez-vous ce que signifie le terme « Wendake » ? Wendake signifie l’ile et Wendat signifie les habitants de l’ile, ce qui fait référence a une légende. C’est la légende qui est illustrée au centre de la fresque, voyez-vous? C’est le mythe d’Aataentsic qui va comme suit : il y a très longtemps, la Nation huronne-wendat vivait dans les cieux et sur Terre il n’y avait qu’une grande mer. Un jour, Aataentsic, la fille du chef de la Nation huronne-wendat, tomba gravement malade. « Le seul remède pour la sauver est de recueillir le fruit du Grand Arbre ainsi que sa terre » dit l’homme-médecine. Ensuite, Aataentsic se rendit au Grand Arbre et commença à creuser autour de ce dernier afin de récolter la terre. Malheureusement, la jeune amérindienne creusa trop profondément et cela fit un trou dans les cieux, donc Grand Arbre et Aataentsic tombèrent à la mer. Cependant, la jeune Wendat fut sauvée par les oies qui la recueillirent sur leurs grandes ailes. C’est à ce moment que Grande Tortue émergea de l’eau et dit aux oies de la déposer sur son dos. Bien qu’Aataentsic ne tomba pas à la mer, elle était toujours malade et elle devait absolument manger le fruit et récolter la terre de cet arbre. Alors, la loutre, le rat musqué et le castor essayèrent de plonger tout au fond de la mer pour cueillir le fruit et la terre de Grand Arbre, mais aucun n’y parvient. C’est ensuite Grand-mère Crapaud qui se proposa. Son essai fut fructueux et elle réussit à déposer le fruit et quelques grains de terre sur la carapace de la Grande Tortue. Finalement, Aataentsic mangea le fruit et fut guérie puis, avec les quelques grains de terre, elle les étendit sur le dos de Grande Tortue et l’animal devint une ile. Ainsi fut donc créée la Terre comme nous la connaissons aujourd'hui.

D – LE BELVÉDÈRE DE LA CHUTE

Invitez les visiteurs à prendre des photos de la chute. Puis portez leur attention sur le mur de pierre qui est derrière eux. Vous allez y revenir plus tard.

Aucune information n’est donnée ici, laissez simplement les visiteurs regarder le paysage et prenez le temps de répondre à leur question s’ils en ont. De plus, vous pouvez leur rappeler les informations données au premier belvédère et leur montrer les différents types de roches. Maintenant que vous êtes plus proche, il est plus facile de leur montrer précisément ce qu’est une roche métamorphique et ce qu’est une roche sédimentaire.

E – LE SITE DES MOULINS (Section de l’ancien moulin à farine)

Vous descendez au second belvédère avec les enfants. Demandez aux enfants s’ils voient une grotte sous la chute; et leur mentionner qu’ils auront leur réponse en haut des escaliers.

Cette section du parcours est un endroit où les groupes souhaitent généralement prendre des photos de groupe. Donnez-leur du temps, puis rendez-vous plus loin sur le site des moulins. Vu la proximité de la chute, il est difficile de parler à cet endroit. Votre voix vous remerciera !

Arrivé à la section de l’ancien moulin à farine, donner-leur les informations suivantes. Faites attention cependant d’être dynamique et de garder l’attention des jeunes. Il y a beaucoup d’information à leur transmettre ici, s’ils sont très jeunes, couper l’information pour s’assurer que les jeunes de décrochent pas.

Vous voyez les ruines autour de moi, à quel type de bâtiment pensez-vous qu’il appartient? Ce sont les vestiges d’un ancien moulin à farine et à scie. Savez-vous à partir de quoi on produisait de la farine? À partir de blé. Ensuite, pouvez-vous me dire comment on la fabriquait? On plaçait le blé entre deux meules (gros bloc de silex), une meule était mouvante et une était dormante. Ainsi, une turbine tournée par l’action de l’eau actionnait la meule mouvante sur la meule dormante afin de moudre le blé et d’en créer la farine. De plus, avec le blé moulu, deux types de farine était produite soit de la blanche et de la brune. À qui pensez-vous allait la farine blanche et la brune? La blanche était pour les riches, car ils croyaient à l’époque qu’elle était plus pure. La farine brune allait aux paysans en pensant qu’elle était moins bonne, mais en fait c’était la plus nourrissante.

Sur le site de Kabir Kouba, il n’a pas seulement eu qu’un moulin à farine. Plus tard, Joseph Falardeau, un homme qui voyait grand, a décidé d’agrandir le moulin pour pouvoir y fabriquer du papier. Ce moulin à papier à changer de propriétaire 4 fois et a également été détruit deux fois à cause d’incendie. Les derniers propriétaires, les frères Reid, ont permis au moulin de se développer énormément. À cette époque, le moulin produisait 1 à 2 tonnes de papier par jour. Le papier qui était fabriqué ici n’était pas de belles feuilles blanches comme j’ai ici dans mon cartable. C’était plutôt un papier cartonné. Savez-vous à partir de quels matériaux était fait le papier? À partir d’écorce, de lin, de paille et de chiffon. De plus, savez-vous comment était fait le papier? Dans l’eau, une pâte était faite à partir des matériaux (lin, chiffon, écorce et paille) puis, à l’aide de la turbine tournée par l’action de l’eau, des marteaux géants étaient actionnés et ils pétrissaient la pâte pour en faire une mince pellicule. Finalement, cette pellicule était séchée ce qui créait le papier. Malheureusement, ce moulin a été brulé et complètement détruit il y a plus de 100 ans (en 1900). Il s’agit alors du dernier moulin à papier de Loretteville.

Rappeler leur maintenant le muret que vous avez vu plus haut. Et demandez-leur de chercher autre chose dans la nature qui pourrait avoir appartenu à une industrie de Loretteville. Ils auront fort probablement remarqué le tuyau à côté de vous.

Vous savez à quoi servait ce muret et ce tuyau ? En fait, c’est les ruines d’un ancien barrage électrique où était une centrale hydroélectrique. Selon vous qui avait le droit à l’électricité? Oui, il y a les riches gens, mais aussi l’église. Je vais vous raconter deux petites anecdotes concernant la centrale hydroélectrique. La première : Lors d’un soir, l’église a allumé toutes ses lumières ce qui a plongé tout le reste de la paroisse dans l’obscurité. Cette anecdote nous prouve que la production de l’électricité était très faible. Avant de partager ma seconde anecdote, selon vous est-ce que la rivière est encore très poissonneuse? Oui elle l’est, cependant certaines espèces ont disparu dont le saumon. Cette disparition s’explique comme suit : la ville de Québec qui avait déjà installé sur la rivière deux tuyaux de canalisation en partance du lac Saint-Charles pour assurer l’approvisionnement en eau potable des habitants de la ville décide, en 1911, de construire un troisième tuyau. Le tuyau, d’un diamètre de 40 pouces, entre en service en 1914, alors même qu’une sècheresse frappe la région. Cette demande trop importante cause un assèchement complet de la rivière qui entraine la fermeture de plusieurs industries, mais également la disparition du saumon de la rivière. Mais, pourquoi le saumon n’est-il pas revenu l’année suivante? En fait, le saumon pond se œufs au même endroit chaque année et comme il n’a pas pu le faire pendant cette année de sècheresse, il a trouvé un autre endroit et n’est jamais revenu.

F – LES BANCS DE MÉTAL

Je vais vous raconter la légende de la grotte diabolique. Il y a longtemps, un jour après avoir eu le plus bel été qui n’avait pas été vu depuis des décennies, le chef du village amérindien accorda la main de sa fille au plus valeureux guerrier que les Hurons n’avaient jamais eu. Le père déclencha la plus grande fête de son époque, car les deux amoureux le méritaient bien! Les alliés amérindiens vinrent de très loin pour cette fête. Une fois les festivités commencées, la musique et les danses ne cessèrent pas pendant près de trois jours. On entendait les chants à des miles à la ronde, la terre vibrait au son des tambours tellement que les morts auraient pu revenir à la vie! À la troisième soirée des festivités, tout le monde était rassemblé autour d’un grand feu et un bel et grand homme dans des vêtements d’apparat apparu et demanda à la fille du grand chef de danser. L’homme était un danseur hors pair, c’est pour cela qu’ils dansèrent pendant toute la nuit et à l’aube l’homme commença à s’agiter. Il demanda à la fille de le suivre, ils allèrent donc près de la chute pour discuter. L’homme déclara ses sentiments et lui demanda de le suivre, d’abandonner son haut statut pour vivre avec lui. La future mariée n’accepta pas son invitation, car elle voulait rester fidèle à ses engagements et honorer son père. L’homme perdit subitement ses belles apparences et l’Amérindienne découvrit finalement la vraie nature de cet inconnu. Son âme était aussi noire que l’enfer, son souffle était aussi glacé que les hivers canadiens, son regard reflétait la désolation, la peur, la tristesse que les yeux avaient vues par le passé. L’homme maintenant en colère de s’être fait dire non, répondit : « Si MOI je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura… ». Sur ces paroles, le diable poussa la fille dans la chute, mais celle-ci tomba sur un palier de roches et heureusement ne fut pas blessée. L’homme la vit et il alla la rejoindre. Il l’enferma dans la grotte et plaça devant l’entrée une énorme roche où sa main s’imprima. Le chef s’aperçut rapidement de la disparition de sa fille. La fête prit fin et les guerriers se mirent à la recherche de la future mariée. Un d’entre eux entendit des pleurs près de la chute. Il alla alors chercher de l’aide pour pousser la grosse roche et libérer la jeune fille. Le mariage eu lieu comme planifié et plus personne ne revit ce méchant homme.

Et maintenant vous voulez savoir c’est avec quoi que l’on fît de la limonade rose à l’époque? Alors, suivez-moi et essayer de deviner c’est avec quel fruit. Il va être caché au-dessus de nos têtes.

G – LE MILIEU DE LA CLÔTURE SUR LE CHEMIN DE GRAVELLE VERS LE DEUXIÈME ESCALIER

Les sections sur la flore sont facultatives. Si vous voyez que le temps manque, inviter les jeunes à regarder la nature au cours du parcours. Pendant la marche, glisser quelques informations, mais sans plus pour s’assurer de terminer la visite dans le temps demander par le groupe. Si le temps le permet, n’hésitez surtout pas à donner ces informations intéressantes au groupe.

Le premier arrêt de cette partie « flore » de la visite se fait juste à côté du sumac vinaigrier.

Le sumac vinaigrier

Pour commencer, vous pouvez voir, sur votre droite, le sumac vinaigrier, arbre avec les « cocottes » roses. Arbuste « importé » de régions tropicales, il fleurit pendant une période très longue, jusqu’aux premières gelées. De plus, le début de sa floraison (mi-juin) inaugure la grande miellée (la miellée est la période de l’année où les insectes butineurs font l’essentiel de leurs récoltes et commencent à produire le miel de l’année en cours. Cette période de l’année est la plus intéressante, mais également la plus active, des apiculteurs). Ses poils acides de couleur rose entraient autrefois dans la préparation de la limonade rose.

Invitez maintenant les gens à vous suivre et commencez la descente du second escalier. Pour se rendre au second escalier, regardez vers la gauche quand vous faites face au premier escalier et vous verrez, entre la végétation et la clôture en métal, un petit chemin. Suivez-le et vous arriverez, après quelques mètres, au deuxième escalier. Durant votre descente, sur la gauche, profitez-en pour faire une pause et parler des trilles rouges (mai) ou des myosotis (juin-juillet).

H – L’ANCIENNE AIRE DE REPOS

Les feuillus et les conifères (en tout temps dans l’année)

Vous remarquez que nous sommes encore passablement entourés de feuillus (érables) d’assez bonne taille. Mais plus nous descendons près de la rivière, plus les feuillus, dont la taille diminuera, font place aux conifères. En effet, les feuillus, aux racines profondes, préfèrent le sol du haut de la falaise (plus de place, moins de dépôts minéraux de la rivière) tandis que les conifères, aux racines rampantes, préfèrent le bas.

I – LE BLOC ERRATIQUE

La valse des continents

Si l’on regarde une carte géographique actuelle, nous pouvons remarquer que les continents s’emboitent les uns dans les autres et si nous allons sur le terrain, le type de roches et de fossiles sera le même sur les continents. En 4 milliards d’années d’existence, la géographie terrestre se modifia énormément par l’action des plaques tectoniques. Selon les estimations, le Québec passa plusieurs fois sous l’équateur avant de prendre sa place actuelle. La séparation des masses continentales donna naissance à différentes étendues d’eau comme l’océan Iapetus.

L’océan Iapetus

L’océan proto atlantique est l’autre nom donné par les scientifiques à l’océan Iapetus, car celui-ci serait l’océan qu’il y avait avant celui que l’on connait de nos jours, mais ne serait en rien son ancêtre, puisque Iapetus s’est refermé il y a de cela quelque 400 millions d’années. Il commença à se former il y a environ 600 millions d’années (fin Précambrien) après la division de plusieurs gros continents comme le continent Laurentia, le continent Baltica et le continent Sibéria. Des millions d’années passent et l’océan grandi de plus en plus pour atteindre, il y a 510 millions d’années (à la fin du Cambrien), sont extension maximale. Au début du Silurien, il y a 430 millions d’années, les plaques tectoniques continuent de bouger et les continents se rapprochent, l’océan Iapetus, emprisonné entre ces deux masses continentales, rétrécies. Il y a 410 millions d’années (fin du Silurien), Iapetus n’est plus que le vestige d’un océan jadis énorme qui, à cette époque, se referme de plus en plus pour éventuellement ne plus exister.  De fait, il y a 250 millions d’années (fin du Permien) tous les continents ne forment plus qu’un seul : le méga continent Pangée.

La présence de l’eau dans la région de Québec

À l’ère glaciaire, il y a environ un million d’années, la terre se refroidit et le continent nord-américain se recouvre de glace. La calotte glaciaire mesure alors environ 3 km de profondeur. Puis, les glaces se retirent. En se retirant, les glaces ont arraché des morceaux de roches aux parois qui étaient là. Ce qui créa les blocs erratiques comme l’on peut voir près de nous sur notre droite il a été transporté il y a des milliers d’années.  Une fois tous les glaciers retirés, que s’est-il passé selon vous? Que fait la glace lorsqu’elle fonde? La nouvelle étendue d’eau créa est la mer de Champlain. À son tour, la mer de Champlain disparait ce qui entraine la naissance du fleuve Saint-Laurent et des rivières telle la rivière Saint-Charles.

Par contre, les deux blocs erratiques de trouvant derrière moi sont spéciales (le gros, et celui se trouvant sous l’arbre). Leur origine s’explique grâce à ma dernière légende d’aujourd’hui. Elle va comme suit :

Il y a bien longtemps, vivait un esprit de feu dans les environs où nous sommes. Celui-ci avait une apparence humaine sous forme de feu. Il semait la peur auprès de chaque foyer de Wendake. Tous étaient sur le qui-vive, car les habitants ne savaient jamais à la nuit tombée si leur maison allait succomber aux flammes de cet esprit malsain. Parmi les plus braves guerriers, tous, un à un, allaient affronter ce génie du mal. Il était impossible de s’approcher de cet être, car celui-ci dégageait de son corps une chaleur si intense que les guerriers ne pouvaient s’en approcher sans se bruler. Le grand chamane, en observant cet esprit qui se promenait dans son village, décida qu’il était temps d’agir. Il prit la décision de vaincre l’esprit de feu. À la nuit tombée, le grand chamane parti à la rencontre de l’esprit. Soudainement, une odeur de cendre parvient au chamane. Il savait que le génie du mal était passé par là. Au fur et à mesure qu’il continuait son chemin, une chaleur se fit ressentir. Il était près de sa quête. En pleine nuit, le face à face se fit entre le grand chamane et le démon rouge. Le combat dura trois jours et trois nuits. Incantations et sortilèges ne venaient pas à bout de le vaincre. Il ne restait plus qu’une solution : demander l’aide de l’esprit du grand serpent se trouvant dans la rivière. À un moment inattendu, le grand chamane lança un sortilège d’eau qui éteignit l’esprit et le transforma en pierre. Sous la grande force de ce jet d’eau, un morceau de roche représentant sa tête se détacha de l’esprit et roula quelques mètres plus loin. Afin que l’esprit ne retrouve pas la vie, le chamane se plaça sur la tête et fit une incantation. Il se transforma en thuya afin d’enraciner la tête du démon. Ainsi, ses racines se plantèrent profondément dans le sol et la tête demeurait sous l’emprise de ses puissantes racines.

J – LE DERNIER BELVÉDAIRE

La falaise

Nous prendrons quelques minutes ici pour parler de la falaise. En fait, la rivière         Saint-Charles, à cette hauteur, se trouve au fond d’un canyon dont la paroi la plus élevée mesure 42 mètres. Cette paroi est formée de calcaire, similaire à celui observé plus tôt. Ce calcaire est une roche sédimentaire, résultant de l’accumulation de résidus qui, une fois compactés par la pression d’un plan d’eau, forment des roches solides et très fossilifères (présence de fossiles). L’eau est un des principaux facteurs d’érosion du calcaire du parc. Dans un laps de temps d’environ 12 000 ans, elle a érodé la paroi du canyon pour lui donner une hauteur de 42 mètres. Il se fait une érosion d’environ 3,33 millimètres par année. On remarque également que les strates ne sont pas horizontales. Le canyon nous permet également de réaliser que ce plissement de terrain se poursuit sur une distance assez longue. En fait, cette minifaille continentale débute dans la région de Charlesbourg/Beauport, plus exactement à la chute Montmorency, et se termine à Neuville.

La roche sédimentaire

Comme je l’ai expliqué plus tôt la formation de cette roche résulte du dépôt puis de la consolidation de sédiments d'origines diverses. Ces roches sont souvent le résultat de l'accumulation de sédiments en suspension dans l'eau. On peut la remarquer par ses caractéristiques telles que : visuellement, ces roches soient composées de grains ou de cristaux de tailles diverses retenus ensemble par un ciment. Les roches sédimentaires se classifient en fonction de la grosseur des grains qui les composent. Les roches sédimentaires ont tendance à se former en strates. Elles sont très fossilifères (les calcaires). Les cavernes, les marmites ainsi que les canyons sont des éléments susceptibles d'être rencontrés dans les roches sédimentaires.

Les fossiles

Il y a très longtemps, par-dessus cette roche sédimentaire, il y avait énormément d’eau, comme je vous l’ai expliqué plus tôt. On retrouvait donc dans la région de nombreux animaux marins. Ceux-ci étaient plus vieux que les dinosaures et même bien avant l’ère de glaciation. En fait, ici nous pouvons retrouver des fossiles qui nous prouvent leurs anciennes présences. Ils ont vécu dans la période de l’Ordovicien (de l’ère paléozoïque), il y a plus de 450 millions d’années.  

Les berges de la rivière Saint-Charles recèlent plusieurs sortes ou grandes familles de fossiles. Les paléontologues les appellent des embranchements. Les spécimens de fossiles que l’on retrouve le plus abondamment sur le site viennent des embranchements suivants : les trilobites, les céphalopodes enroulés, les céphalopodes allongés, bivalves et les bryozoaires.

Les trilobites sont les fossiles les plus nombreux sur le site. Leur nom vient du fait que leur corps est composé de trois lobes : un rachis médian et deux plèvres latérales. Leur corps est de plus divisé en trois segments : la tête (céphalon), le thorax et la queue (pygidium).

Les céphalopodes sont des mollusques carnivores. Les espèces actuelles de céphalopodes incluent le calmar et la pieuvre. Les fossiles du site montrent que ces animaux avaient autrefois une coquille externe droite ou enroulée, ainsi qu’une tête munie de tentacules.

Les bivalves ont de nos jours la forme actuelle de ces coquillages sont les huitres, les moules ou les palourdes.

Les bryozoaires vivaient autrefois comme les coraux, c’est-à-dire qu’ils s’installaient en colonie et construisaient de petits édifices qui servaient à abriter chaque individu. Les bryozoaires sont des animaux des mers chaudes et peu profondes ce qui suggère qu’au moment de leur installation sur le site, le Québec se situait près de l’Équateur.

K- MOT DE FIN

Vous terminez ici et vous dirigez le groupe vers le Centre d’interprétation. Si des visiteurs veulent vous quitter avant de revenir au Centre, vous pouvez faire les remerciements et la conclusion de la visite sur le terrain des moulins à papier.

Nous vous remercions de votre visite au parc de la Falaise et à la chute Kabir Kouba. J’espère avoir été en mesure de répondre à toutes vos questions. Je vous invite à venir visiter le Centre d’interprétation (si ce n’est déjà fait) et à remplir une fiche de commentaires que vous pourrez déposer dans la boite à cet effet. Comme souvenir de votre visite ou pour plus de détails sur le parc de la chute, des livrets informatifs et autres menus objets sont en vente au Centre d’interprétation. Je vous souhaite une bonne fin de journée et de séjour à Loretteville / au Québec.

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