Sur le chemin du meunier

Adaptation des textes de Kabir Kouba à la lanterne.

A – DÉROULEMENT DE LA VISITE

Le départ de la visite se fera au Centre d’interprétation. C’est le meunier qui accueillera les visiteurs et qui règlera le paiement alors que les autres personnages seront sur le sentier. La visite se fera dans le sens inverse d’une visite régulière pour terminer par le site des moulins. Le meunier mettra au défi les participants (surtout les enfants) de trimbaler un minot pendant la visite, de plus un petit jeu avec de la farine sera réalisé avec 2 vaillants participants. Tout au long de la visite, les personnages s’ajouteront au groupe et auront des interactions entre eux. De plus, le meunier laissera le temps aux visiteurs de prendre des photos sur le sentier et à la fin du parcours avec ou sans les personnages.

B – PERSONNAGES

Personnages : (de préférence le faire à 5 guides, mais peu se faire de 4 à 6 guides)

  • Le meunier Louis Plamondon (c’est le personnage qui principal qui suit le groupe et le dirige). Au centre d’interprétation.

  • Jésuite Père Chaumonot (ou l’Augustine Françoise). À l’église.

  • Amérindien Ôndawa (Étienne) ou Amérindienne Yahndawa (Catherine). Espace vert près du totem (fin du parcours régulier).

  • Riche bourgeois(e) M. James (Mme Jane) Brown (facultatif). Au canyon.

  • Paysan(ne). Antoine (Marguerite) Bourbeault. Sur le sentier, à la section en terre à mi-chemin entre le canyon et le bloc erratique. Assis sur son sac de blé.

  • Géologue (facultatif). Pierre (Pierrette) Laroche. Au bloc erratique.

C – MATÉRIEL

  • Paysan(ne) : Un minot léger. Leur dire qu’il contient du blé prêt à moudre, mais en réalité, le faire plus léger. On ne veut tout de même pas épuiser nos visiteurs.

  • Meunier : Un sac de toile comprenant les essentiels pour une visite sécuritaire avec des jeunes

    • Trousse de premiers soins.

    • Panneau « Arrêt » pour traverser le boulevard Bastien.

    • Des pots contenant les trois types de farine.

  • Personnages au bout du sentier : apporte et place le matériel pour le jeu

    • 2 Sceaux en métal rempli de farine (avec des petites roches et une pépite d’or dans chacun).

    • 2 tabliers.

    • Petit linge pour que les participants s’essuient les mains à la fin du jeu.

D – TRAJET

  1. Départ au centre d’interprétation. Accueil des visiteurs.

  2. Traverser le Boulevard des Étudiants au feu de circulation en face de la maison communautaire.

  3. Suivre ce côté du Boulevard jusqu’à l’église où vous y croiserez le Jésuite (ou l’augustine). Attention, vous avez une route à traverser avant d’arriver à l’Église. Prévoir un panneau « arrêt » pour traverser.

  4. Continuer de ce côté du Boulevard, traverser en face du stationnement menant au sentier. Attention, il n’y a pas de feu de circulation à cet emplacement. Utiliser le panneau d’arrêt pour traverser. 

  5. Descendre le premier escalier jusqu’au totem où vous y ferez le jeu puis croiserez l’amérindien(ne).

  6. Descendre les escaliers vers le belvédère où sera la riche bourgeoise.

  7. Continuer sur le sentier. Vous y trouverez le la) paysan(ne) fatigué(e) de trainer son minot.

  8. Arrêter au bloc erratique où vous y trouverez le géologue (facultatif). Une légende de l’amérindien(ne) sera racontée ici également.

  9. Continuer le sentier avec le minot jusqu’au site des moulins.

  10. Avant de retourner au Centre, faire un arrêt à la fontaine pour la dernière légende de l’amérindien(ne). (Facultatif).

E – LES TEXTES DES PERSONNAGES

*Note : prenez le temps de lire chacune des parties. Il y a certaines interactions que votre personnage peut faire avec un autre. Assurez-vous de toutes les repérer. De plus, durant les déplacements, n’hésitez pas à improviser entre vous et reparler des différents éléments dits dans chacune des parties. Cela ajoute du divertissement que les visiteurs apprécient.

Monologue du meunier Louis Plamondon (centre d’interprétation).

Meunier : Oh ben torrieux!! Si cé pas d’la belle visite que vl’a la! C’est ti qu’à ce serait d’nouveaux apprentis qui viennent m’aider dans mon travail ? Je cré pas ça! Ça serait ben la première fois que j’aurois des volontaires pour bûcher du lever jusqu’au coucher du soleil. Ouvrez grand vos esgourdes (pointer les oreilles), la vie d’meunier, c’pas des vacances! Deboute au premier rayon, transporter une trâlée de poches de grains – savez-vous comment qu’ça pèse? Pas moins de 60 livres imaginez-vous donc! Une fois que les grains sont moulus, on met ça dans des sacs. Nous z’aute un sac de farine on n’appelle ça un minot[1], rappelez-vous z’en c’est ben important. Je vois ben qu’vous z’êtes pas habitués à notre parlure, mais si vous voulez qu’on comprenne ce que vous radoter, va ben falloir vous z’y faire. Bon, allez, suivez-moi. J’vais vous montrer comment qu’ça se passe. J’espère qu’vos pieds sont prêts puisqu’on va marcher beaucoup aujourd’hui. Faites ben attention, restez derrière moé si vous voulez pas vous perdre. La seigneurie de Saint-Gabriel est pas p’tite, et il y a beaucoup d’personnes étranges qui s’promènent. Restez sur les trottoirs. Attention où vous mettez les pieds et écoutez ben mes explications.

Jésuite Père Chaumonot

(Pour le texte de l’Augustine Françoise, aller consulter la visite à la lanterne et l’adapter à cette visite)

Jésuite : (Pendant que les visiteurs arrivent, à dire haut et fort.) Voyez ces terres! Admirez- les, gorgées de promesses et d’espoir. Pourtant, vous me vîtes fort accablé et bien en mal de penser à ce que deviendra cette seigneurie. Ces vils Anglois, que leur âme perfide aille pourrir tout droit en enfer! Veuillez me pardonner, je m’emporte quelques fois.

Meunier : Voilà le père Chaumonot, arrêtons-nous, sinon l’diable va maudire nos terres. (En se retournant vers le jésuite) Bonjour révérend père !

Jésuite : Je vous souhaite donc la bienvenue, braves gens, dans ma seigneurie bienaimée. En effet, je suis le père Chaumonot, propriétaire de la seigneurie St-Gabriel. J’ai effectivement reçu ce territoire en 1667 grâce à mon ami Robert Giffard qui lui, reçu ce territoire en 1647 de la part d’un ami commun, qui est plutôt connu : un dénommé XIII, Louis de son prénom. Le roé de France voulait en conséquence nous céder ce lieu afin que nous développions la Nouvelle-France.

Nous autres, les prêtres jésuites, nous essayons d’évangéliser les « sauvageons » que sont les Hurons en espérant leur enseigner et leur faire embrasser la vraie foi, la foi catholique! Ceux-ci avaient été pratiquement décimés par les Iroquois. Ces pauvres hurons que j’ai décidé d’installer sur mes terres, plus précisément à Lorette. Je sens que vous mourrez d’envie de savoir pourquoi la ville s’appelle Lorette.

Bon, si vous insistez, je vais donc vous expliquer l’origine de c’te nom. L’histoére commence avec une vierge qui m’sauve d’une maladie incurable. Pour honorer c’te vierge qui habite à Loreto en Italie, j’ai nommé cette ville Lorette.

Bref, les Hurons ne vécurent que peu de temps à Lorette puisqu’il fallut les déplacer dans un nouveau village qui s’appela Jeune Lorette. L’ancien village se nomma donc…

-           Ha! Enfin une personne lumineuse!

-           Il va falloér vous éclérer ça d’lair! C’est L’ANCIENNE LORETTE!

Le jeu de la pépite d’or (sur le terrain vers près du totem).

Tout le matériel est apporté par l’amérindien(ne) et M. (Mme) Brown, puisque ce sont les deux personnages qui se trouvent dans ce coin du sentier.

Placement (avant l’arrivée du meunier) :

1. Placer les sceaux dans un coin plutôt plat du terrain près du totem. S’il y a une grande chaleur, viser un coin à l’ombre.

2. Placer un tablier près de chacun.

Déroulement (avec le meunier et le jésuite) :

1. Présenter les types de farine et dire l’anecdote du pain :

Meunier : Vous voyez, le travail du meunier cé vraiment pas facile. Bin des fois, des petites roches se glissent dans la farine donc après l’avouère moulu, y faut la passer dans des bluteaux (qui ressemblent à des petits trémis) pour enlever tous les petits morceaux qu’on veut pas dans not’re farine. Vu que le bluteau est séparé en trois parties, ça nous donne trois types de farine. Logique hein ? (Les présenter + leur utilisation). Mais, faut faire attention quand qu’on fait du pain avec cette farine. Parfois on y retrouve des petites roches. J’vous assure que j’connais du monde qu’i’ont perdu des dents en mangeant ço.

2. Mise en contexte du jeu :

Meunier : Feck là, avant de continuer, J’vais vous d’mander de l’aide pour retrouver mes pépites d’or que j’pense avoière échappé dans ces sceaux d’farine. Faites attention pour pas les mélanger avec des roches. J’ai besoin de deux volontaires pour les retrouver. Le premier à en trouver une gagne !

3. Description du jeu :

- Placer les deux volontaires près des sceaux, leur mettre des tabliers.

- Au signal, ils devront chercher dans les sceaux pour trouver LA pépite d’or. Le but du jeu est simple, le premier ayant trouvé la pépite a gagné !

Suite du parcours : Pour la suite, des volontaires devront trainer les sceaux jusqu’au centre. Ils peuvent bien sûr être échangés d’une personne à l’autre. Les guides peuvent également se porter volontaires. 

L’amérindien(ne)

L’amérindien(ne) arrive tout juste après l’activité. Il (elle) peut avoir suivi le groupe à distance où s’être installé dans un coin caché pour observer le jeu des visiteurs. Il (elle) passe près du groupe en direction du sentier jusqu’au moment où il (elle) croise le meunier et le jésuite.)

Amérindien(ne) : Kwé Kwé Ataaro !

Meunier : Bonjour Ondawa (Yanhdawa). Lui (elle) s’tun(e) homme (femme) qui travaille fort. Mais pas toujours lo, il (elle) prend souvent ben du temps pour s’reposer à la rivière.

Jésuite : Bonjour Étienne (Catherine) ! (En s’adressant aux visiteurs) Vous savez qu’il (elle) a été baptisé dernièrement, il (elle) a maintenant aussi un nom catholique.

Amérindien(ne) : Kwe Kwe ataaro (faire le mouvement et demander aux autres de l’imiter).  Ceci veut dire «bonjour ami », en huron-wendat. Saviez-vous que de ce côté de la rivière, vous êtes dans mon village de Wendake? Nous sommes aux abords d’une rivière que mes ancêtres appelaient cabircouba, signifiant « rivière aux milles détours ». Son nom ne part pas de rien, vous allez pouvoir observer sa forme au cours de votre visite ici.  Aujourd’hui, la rivière a été rebaptisée rivière Saint-Charles par les Récollets, mais le nom Kabir Kouba est resté pour le nom de la chute qui se trouve au bout de ce sentier. C’est grâce à cette source d’eau si nous pouvons habiter en ces lieux. Le meunier l’utilise pour moudre la farine (signe d’acquisition de la part du Meunier), mais nous, peuple de la nature,

l’empruntons pour pêcher et nous purifier. J’aime ces moments où, assis(e) près de la rivière, j’entends les murmures de la chute. Impitoyable au printemps, énergique en été, douce à l’automne et sereine en hiver, Kabir Kouba vit en nous au fil des saisons. Autrefois, nous habitions dans la région des Grands Lacs, mais due aux guerres iroquoiennes et aux maladies, ils ont dû quitter ce territoire pour s’installer au Québec. Après cet exode d’environ 50 ans, ils ont été guidés dans la région de la chute par le père Chaumonot (pointer le Jésuite). Les anciens avaient l’habitude de pratiquer l’agriculture, mais, au fil des années, nous avons dû changer nos habitudes de vie en raison du climat. Bien sûr, nous continuons de faire pousser le maïs, le haricot et la courge que l’on appelle les 3 sœurs. Pourquoi ce nom ? Et bien, parce que ces trois légumes s’entraident lorsqu’ils poussent. Le maïs, planter au centre, est constitué d’une longue tige solide sur laquelle les haricots peuvent s’agripper pour aller chercher de la lumière. Les haricots eux-mêmes ont la particularité de garder beaucoup de nutriments dans la terre, ce qui aide aux deux autres plants à pousser. La dernière, la courge, grâce à ses grandes feuilles permet de garder le sol du jardin humide. Aujourd’hui, nos activités de subsistance se tournent vers la chasse et la pêche.

Dans chacune de nos activités de subsistance, nous prenons soin de respecter la nature et nous croyons au Grand Cercle sacré de la vie : : « Tous ces êtres différents sont des expressions d’une même Grande Volonté qui produit le mouvement et la vie, et [notre] place dans ce Cercle n’est pas plus ou moins importante que celle des autres formes; tous sont libres et égaux : hommes, femmes, animaux, végétaux, minéraux, air, soleil, eau, terre, feu, astres, esprits : en un mot, la Création ». Alors si les hommes ne respectent pas les poissons, ceux-ci ne se laisseront pas prendre : « Le poisson capturé et mangé n’avait en aucune façon le sentiment de mourir, puisque le moindre de ses os était retourné à l’eau d’où il venait ». Une fois pêché, les hommes réservent toujours une offrande au poisson, en signe de respect. Nous utilisons généralement le tabac.  Mais nous avons d’autres plantes sacrées, comme la sauge, le cèdre et l’écorce de bouleau. Ces plantes sacrées peuvent aussi être utilisées lors des rites de purification : elle purifie notre âme et nous aide à avoir des visions. Maintenant que la chapelle existe, il nous arrive aussi d’aller nous y purifier, mais nous n’abandonnons pas nos traditions et nos plantes sacrées.

Vous savez que dans notre tribu, beaucoup de légendes et d’histoire sont racontées de génération en génération. Ma mère et ma grand-mère m’ont raconté plein d’histoires au cours de mon enfance. L’une d’entre elles parle de la création de la rivière que l’on entend ici. Voulez-vous l’entendre ?

(Raconter la Légende du Grand Serpent).

Puisque vous vous dirigez dans cette direction, puis-je vous accompagner pour vous montrer toutes ces traces qui montrent que le serpent a bien existé ? Ça fait un moment déjà que je n’ai pas marché ce sentier et ça me ferait le plus grand bien !

Meunier : Bien sûr, d’la belle compagnie ça fait toujours plaisir ! Mais on doit partir à l’instant, on a du pain sur la planche nous. On ne peut pas s’arrêter à tout moment pour se « purifier » comme vous l’faites. Faut travailler fort si on veut manger à soière.  Allons-y !

(Amérindien(ne) : Sur le sentier, inviter les visiteurs à remarquer la forme sinueuse de la rivière, leur demander également d’écouter les grondements du serpent que l’on entend tout au long du sentier. À la chute, faire remarquer que le son ici est plus intense, puisque c’est ici que le serpent s’est levé pour parler aux deux peuples en conflit).

La riche bourgeoise Mme Jane Brown (ou le riche bourgeois M. James Brown) (facultatif)

Meunier : (adressé aux visiteurs) ha non, pas elle. J’ai jamais connu une femme aussi paresseuse… (Adressé à Mme Brown) bien l’bonjour M. (Mme) Brown. Je ne m’attendais pas à vous croiser ici aujourd’hui. Vous êtes de retour de votre voyage en Europe?

Mme (M.) Brown : Oui, depuis quelques jours déjà. (En s’adressant à tous) je vous souhaite le bonsoir, je me présente, je m’appelle Jane (James) Brown. Par vos vêtements je peux voir que vous n’êtes pas d’ici, alors que par les miens, vous pouvez conclure que je suis une riche bourgeoise. Savez-vous que les environs attirent les gens de la bonne société? Moi par exemple.

Il est parfois telllllement fatiguant de passer ses journées à la ville; faire les magasins, aller aux soirées mondaines organisées par le gouverneur, tout cela n’est pas très reposant. Loretteville n’est pas trop loin de la grande ville, alors c’est très facile de se rendre. Grâce à le train nouvellement construit, beaucoup de people et de touristes viennent admirer la rivière et installer leur deuxième résidence. C’est une bonne chose pour se reconnecter avec la nature. La famille Dombrowski vient justement d’arriver. Vous devriez voir leur jardin, il est magnifique. Mais pas autant que le mien, ne t’inquiète pas darling. Nous aimons jouer au tennis, au golf: « les beaux soirs d’été, il y [a] fréquemment des promenades en canots sur la rivière; les embarcations [sont] décorées et illuminées avec des lanternes chinoises, la vue [est] féerique ».

De plus, nous sommes près des Amérindiens, c’est très funny? Amusant, de les voir. Ils sont si différents de nous.

Je sais que vous êtes, euhm, chatouilleux sur cette partie de votre history, mais depuis que le régime britannique a gagné la bataille des plaines d’Abraham – anyway, il est tout naturel qu’il en soit ainsi, n’est-ce pas Monsieur Plamondon (en se tournant vers le meunier) – Loretteville accueille les soldats britanniques, à qui on conseillait de développer une seconde discipline qui était la peinture. La chute offre un paysage, ma foi, fort majestueux. Naturellement, ma famille connait les plus grands peintres, vous connaissez peut-être Cornelius Krieghoff? Il est très famous, euhm…populaire pour ses toiles. Take a look!

Mais je vois que vous êtes simplement de passage. J’aimerais bien vous accompagner dans votre visite.

L’amérindien(ne) : Mais Mme (M.) Brown, ce n’est pas dans votre habitude de vouloir travailler. Nous sommes en route vers le moulin pour aider le meunier dans sa journée de travail. Pourquoi souhaitez-vous nous suivre?

Mme (M.) Brown (d’une façon plus discrète): Mais voyons ma chère (mon cher), regardez tous ces beaux hommes (femmes) qui se trouvent ici. Je voudrais que les gens profitent de ma beauté.

Le (la) paysan(ne) : Antoine (Marguerite) Bourbeault

Meunier : Mais voyons vous, vous faites quoi assis icitte dans le sentier? Vous ne devriez pas être déjà arrivé au moulin ? Allez, on se lève.

Paysan(ne) : Mais voyons M. Plamondon, laissez-moi respirer un peu. Vous savez que j’ai marché des kilomètres pour arriver ici avec mon blé !! Je vois qu’vous avez de la belle compagnie pour vous aider aujourd’hui. Y doit ben y avoir quelques marmots en forme parmi eux qui pourrait transporter mon minot jusqu’au moulin ? (Adressé au Jésuite) Bonjour mon père, vous êtes là également? C’est rare que l’on vous voie à l’ouvrage. Bon, si ça n'vous dérange pas trop, j’aimerais ben ça m’présenter à vos amis aux drôles d’habits. Chu Antoine Bourbeault, un jeune paysan de ct’e belle seigneurie de St-Gabriel. Mais ben avant d’être toute beau d’même, y’en a eu du chemin.

C’que vous savez pas pis que j’m’enva vous dire, cé que cé le roé de France, Louis 13e, qu’y a confié le développement de la Nouvelle-France à queques sociétés dont celle de la Compagnie de la Nouvelle-France. C’te société là, a l’a été créée par le grand cardinal Richelieu en 1627. Leur mission c’tait d’envoyer 4 000 colons en 15 ans icitte. J’peux-tu te dire qui choisissaient ceux qu’y étaient des bons catholiques.  Mais ct’affaire, y’on pas tenu leur promesse pis le 24 février 1663, chloup! Pu de compagnie!

Mais y’a 16 ans de ça, y’on faite un découpage seigneurial pour que ça donne des lopins de terre en rectangles le long des cours d’eau. Faut tu suives par exemple, je viens de remonter dans l’temps moé là! Donc la compagnie de la Nouvelle-France a refilé une partie de ses terres à Robert Giffard. C’tun conseiller et médecin du roé. En plus d’ca, yé devenu seigneur de Beauport. C’tun beau parti m’a t’dire. Hey je l’ai vu se promener, pas mal fier-pet attifer comme y’était!

J’ai ouï dire que dans même année, Robert Giffard a donné une partie de ses terres aux religieuses de l’Hôtel-Dieu pour les remercier d’avoir accepté sa brave fille Françoise chez eux. Mais ça c’tune autre histoire! Pacque 20 plus tard, pis si vous savez ben compter vous allez savoir qu’on est rendu en 1667, l’seigneur Giffard donne toutes ses terres aux Molinistes. Mais j’pense vous les appeler les Jésuites vous autes!

Mais je pense les bons pères étaient pas prêts pacque cé juste en 1671 qu’on a pu commencer à l’habiter. Pis en plus, y’était supposé construire un moulin pour leurs gens. Mais y’on faite ça en 1732 imaginez-vous donc! Faque on devait marcher jusqu’à pu avoir de pied pour aller moudre note grain dans seigneurie de St-Ignace. C’est pt’être des hommes vertueux, mais y'étaient pas vites vites. Ca leur a pris 61 ans pour s’ouvrir les yeux bonté divine! M’a te dire qu’on a croqué le marmot pendant un tit boute! Pour moi v’connaissez pas c’t’expression là! Inquiète-toi pas j’mange pas de flots, ça veut juste dire qu’on a attendu longtemps. En tout cas, au moins y’a fini par arriver. Pis maintenant on peut moudre not’ grain quand on veut avec un tit peu moins d’souffrance.

Vous m’avez l’air pas mal sympathiques pour des gens habillés tout drôles! Bon maintenant, qui va porter mon blé ? Chui ben trop fatigué pour continuer aujourd’hui pis si j’arviens pas avant la nuit, ma femme vo s’inquiéter.

Meunier : Et moi, vous pensez que j’peux m’reposer quand j’travaille ? Mais voyons. C’pas facile être meunier ! Y’en-a-ti parmi ce beau monde qui crée que je peux me reposer pendant qu’je mouds le blé? Bin non !! Donc allons-y, montrons à M. Bourbeault qu’on est fort nous. C’est qui veut porter ce minot?

Le (la) géologue (facultatif)

Jésuite : À non, pas celui-là. C’est un fou, ne faites pas attention à ce qu’il dit ! Vite, passons notre chemin.

Amérindienne : mais non voyons, il n’est pas si désagréable. Arrêtons, il a l’air de vouloir nous raconter ses dernières découvertes

Meunier : Y va falloir faire vite, le temps avance… et notre pauvre ami va être fatigué de trainer ce minot partout (en pointant le visiteur qui traine le sac de blé).

Géologue : Bonjour à vous tous, vous arrivez tout juste au bon moment. Je suis Pierre (Pierrette) Laroche. Je suis bien contente de voir qu’il y est des gens pour assister à ma grande découverte. J’étais sur le point de résoudre pourquoi il y a de la mousse qui pousse sur la roche.

Il est important que tout bon géologue puisse avoir d’excellentes notions de botaniques puisque les plantes témoignent de quel type de sol nous avons affaire.

Par exemple, observez au-dessus de vos têtes et dites-moi ce que vous y voyez. En fait, nous pouvons constater la présence de feuillus et de conifères pour témoigner de la qualité du sol. Les feuillus sont en haut, car ils ont besoin de beaucoup de terre pour enraciner profondément leurs racines. Tandis que plus bas, s’y trouvent les conifères puisque ceux-ci se rapprochent du canyon, il y a moins de terre. Aussi, les racines sont capables de frôler la surface de la Terre. Donc, les racines serpentent de dessus du sol.

Laissez-moi vous montrer une autre découverte que j’ai faite tout à l’heure. Il y a la présence de fossiles dans Kabir Kouba (démonstration d’un fossile aux visiteurs) comme preuve que la Terre date plus que 6000 ans (plus de 4 milliards d’années en réalité)

Très bien vous ne me croyez pas, regardez cette pierre. C’est ce que l’on appelle un bloc erratique. Voici mon autre preuve que la Terre date plus que 6000 ans : À l’ère glaciaire, il y a environ un million d’années, la terre se refroidit et le continent nord-américain se recouvre de glace. La calotte glaciaire mesure alors environ 3 km de profondeur. Puis, les glaces se retirent. En se retirant, les glaces ont arraché des morceaux de roches aux parois qui étaient là. Ce qui créa les blocs erratiques comme l’on peut voir près de nous sur notre droite. Il a été transporté il y a des milliers d’années. 

Avez-vous remarqué il y a un arbre sur l’une des roches. Cet arbre est un thuya occidental, au contraire des gens qui le nomment cèdre. C’est grâce à la repousse de cet arbre qui contient beaucoup de vitamine C qui a servi à guérir les compagnons de Cartier atteint du scorbut.

Amérindien(ne) : mais attendez. Ce n’est pas pour toutes ces raisons que ces deux pierres sont ici. Dans ma tribu, nous racontons une tout autre histoire. En fait, il y a très longtemps (raconter la légende de l’esprit de feu).

Meunier : Mais c’est ridicule comme histoire, vous n’allez quand même pas croire que cette pierre était réellement un être en flammes !

Jésuite : Ce serait tout de même moins ridicule que de dire que la terre existe depuis des milliards d’années. Tout le monde sait qu’il y a 6 000, Dieu à créer le monde en 7 jours. Vos preuves ne font aucun sens.

Meunier : Bon arrêtons ces chicanes, je ne souhaite pas réveiller l’esprit du serpent. Continuons, notre travail n’est toujours pas fait.

L’amérindien(ne) – Bloc erratique (Si le géologue n’est pas là)

Amérindien(ne) : Puisque vous avez bien aimé mon autre légende, j’aimerais que l’on arrête ici pour que je vous en compte une deuxième. Vous voyez ces deux pierres (pointer le bloc erratique et celui sous le thuya), elles ne sont pas arrivées là par hasard. En effet, il y a très longtemps, (raconter la légende de l’esprit de feu).

Le meunier – Enfin arrivé au site des moulins !

Meunier : Asteur que vous connaissez un peu plus le parcours que je dois marcher avec mes gros sacs de farine, j’va vous raconter comment s’qu’ça fonctionnait dans cé moulins lo.  Icitte, v’zavez la trémie, c’est drette là qu’on garroche le blé pour qui descende vers les grosses pierres en silex. Faut que vous z’imaginez les deux moulanges qui…

Paysan(ne) : Vous voulez dire les deux meules?

Meunier : Bah les moulanges, les meules, même affaire! Faque le blé arrive ent’e la moulange dormante et celle tournante. Pour qu’ça viraille (faire le mouvement de tourner), ça prend la flotte d’la chute qui va activer le mécanisme. C’est comme ça qu’on peut broyer le grain. Une chance que j’ai mon moulin, me voit pas faire ça à mitaine! J’vous explique ça d’même moé là, mais allez pas craire qu’mon travail est fini, pacque je dois les surveiller les moulanges. Quand c’est trop lent, la farine goute la pierre. Trop vite, ça chauffe pis là faut faire gaffe ça prenne pas en feu. 

Parler des différents types de farine, montrer les 3 pots.

Meunier : Pensez-vous que tout ça c’est facile? Non ! Pis c’est pas fini. Ya plein d’autres travaux à faire tout l’temps. Le mur de pierre est à refaire, les mécanismes sont à changer… Torrieux, si ça fait pas trois fois que j’les change, je m’appelle plus Louis Plamondon. Pis ça, c’est sans parler du pignon pis d’la cheminée. Si ça continue, je vais me farcir une belle somme de 236 livres[1]. Avez-vous ça vous 236 livres dans vos poches? J’parle pas d’un livre moi là, j’parle de pognon…  Ou-tu veux j’aille chercher ça moi là? M’a vous dire qu’les temps sont durs depuis que les Anglois ont gagné. Sans vouloir vous offensez mon Père,  z’êtes pu aussi riche qu’avant et vous z’avez pu l’cœur à la tâche, c’est comprenable, z’êtes pu une tite jeunesse.

Jésuite : Mon brave meunier, quand je vous vois travailloter comme vous le faites, j’ai espoir que ma relève est assurée. Gardez espoir et priez, la voix du Seigneur nous guidera et décidera de notre avenir à tous.

Meunier : Z’êtes un sage type mon Père, priez donc pour qu’le temps soit bon tant qu’à faire. En plus de t’ça, si y a pas assez de flotte qui se rend au moulin, j’le fais fonctionner comment, j’vous le demande?  Pis si y a trop d’eau, ben la chu ben mal pris, pacque ça peut déborder[2]. L’eau c’est comme une femme; tu peux ben essayer d’la dompter, si à décide qu’à veut pas,  ronge ton frein pis attend qu’à se décide. Tu peux attendre longtemps, cré moi.  Ah j’vous l’dis, y’a pas grands défis que j’dois pas affronter, mais est t-y belle la chute? On lui doit une fière chandelle, pacque pas d’chute, pas d’moulin et pas d’moulin, pas d’farine.

Meunier : Vous faites une drôle de frime! À voir vot’e binette, j’parie ma dernière chemise qu’y a pas un gaillard icitte qui voudroit prendre ma place. C’pas avec vot’e allure de freluquet qu’vous allez devenir meunier mon tit père. Mais j’peux ben prendre un de vos flots. Je voudrois ben qu’mes fils reprennent le moulin, mais par tous les saints, y’en pas un qui veut se magner l’arrière-train. Toujours en train de pinailler à minute où j’leur d’mande une tite affaire.

Jésuite : Monsieur, parler en mal d’autrui n’est pas digne d’un bon chrétien. Vos enfants ne sont pas là pour se défendre qui plus est!

Meunier : (Roulement des yeux) Quel casse-pied… Mais tout l’monde l’aime ben quand même. (Jésuite fait mine de ne pas avoir entendu)

Mais ça ma ravigote l’cœur de voir tous les habitants de not’e beau villâge arriver avec leur poche de blé et repartir avec d’la farine qui vient juste d’êt’e moulue.

 

L’amérindien(ne) – Place de la Nation (facultatif)

Avant de quitter mon village, laissez-moi vous raconter une légende très importante pour mon peuple. (Raconter la légende d’Aataentsic).

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